Le char Léopard 2 de l'armée allemande

Leopard 2


-Dossier-

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Historique et présentation :

A la fin des années soixante, le bureau d'étude Porsche entreprit le développement expérimental d'un char de 40 tonnes destiné à succéder au Leopard 1 ou, pour le moins à mettre au point des technologies susceptibles d'être appliquées aux versions futures du Leopard 1. Ce projet, Porsche Type 1851, batipsé Keiler (sanglier), aboutit à la construction de deux prototypes en 1970.

Le Keiler présentait bon nombre d'améliorations par rapport au Leopard 1, telles que l'accroissement de la puissance moteur, version 10 cylindres M872 du 12 cylindres M873 qui équipait le MBT70 à 1250 chevaux (ce qui lui conférait un rapport puissance/masse exceptionnel de 32 ch/t), un canon auxiliaire de 20 mm téléopéré, un armement principal de 105 stabilisé servi par une conduite de tir moderne à télémètre laser et une protection par blindage espacé à base d'aciers à blindage de différentes duretés. Les deux exemplaires du Keiler virent le jour au moment où était décidé l'abandon du programme MBT70 germano-américain.

Du Leopard 1 au Leopard 2 :

Les Allemands, reprenant leur liberté et surtout leurs crédits de développement, s'attachèrent à relancer sur une base purement nationale, la
conception d'un nouveau char. Les spécifications de ce dernier mêlaient, d'une part, des performances ou exigences du défunt MBT70 et, d'autre part, le résultat des essais du Keiler. Pour un objectif de production en série en 1975, le concept du Leopard 2 fut dégrossi sur les bases suivantes : les galets de roulement, les chenilles, le moteur, la boîte de vitesses et une partie des équipements de motorisation hydraulique de la tourelle étaient repris du MBT70, retour à une configuration classique d'équipage à quatre hommes avec pilote en châssis, suppression du chargement automatique, reprise de l'architecture du Keiler, le char devait respecter la classe 50 (masse inférieure à 45 t).
L'armement était, bien entendu, un sujet majeur. Si le canon de 152 mm du MBT70 était définitivement abandonné, le choix entre les 105 (rayé ou lisse) et le 120 lisse restait à faire.
Le projet Leopard 2 fut confié au bureau d'étude Porsche KB. La fabrication de 17 prototypes fut décidée : 10 avec des canons de 105 (court ou long) et 7 avec un canon de 120 mm. Les firmes Krauss-Maffei et Wegmann en furent chargées.
En dehors de l'armement, ces prototypes se différenciaient aussi par leur châssis (type de chenilles, configuration du groupe motopropulseur, nombre de galets et suspensions) :

Prototypes 1 à 7 et 9 : canon de 105 à tube long, châssis 7 galets à barres de torsion.
Prototypes 8 et 10 : canon de 105 à tube court, châssis 7 galets à barres de torsion.
Prototype 11 : canon de 120, châssis 6 galets à éléments oléopneumatiques, canon de 20 mm téléopéré.
Tourelle 12 : le châssis 12 ne fut jamais fabriqué.
Prototypes 13 à 16 : canon de 120, châssis 7 galets à barres de torsion.
Prototype 17 : pareil que le 11 sans le canon de 20 mm.
Les essais de ces matériels se déroulèrent de 1972 à 1/976 tant en Allemagne qu'à l'étranger pour subir des tests climatiques (Etats-Unis, Canada, Australie).
Deux autres prototypes furent fabriqués pour les besoins spécifiques de l'accord germano-américain de 1974 sur la standardisation des chars OTAN. Ils furent baptisés Leopard 2 AV ou Austère Version (prototypes n° 20 et 21).
Le Leopard 2 AV se distinguait extérieurement des 17 prototypes précédents par le dessin de la partie avant de la carapace de tourelle.
Tout comme celle du M1, la tourelle du Leopard devenait plus massive et « carrée » par intégration de blocs de blindage composite dont l'expérience de la guerre du Kippour avait mis en lumière le côté incontournable pour faire face aux missiles antichars. Cette modification fut rendue possible par la suppression du télémètre optique à coïncidence remplacé par un télémètre laser.
La configuration technique du Leopard 2 AV a été déterminée de telle sorte que le char satisfasse les performances de la spécification américaine, le respect d'un prix plafond et la nécessaire « américanisation » du produit pour espérer susciter un intérêt quelconque outre-Atlantique. Le but était de retenir sinon un char commun aux deux pays, au moins le maximum de composants interchangeables (chenilles, optique, conduite de tir, groupe motopropulseur...).
Outre le nouveau blindage, la tourelle (n° 19) recevait une conduite de tir Hugues comprenant un viseur tireur stabilisé deux axes avec télémètre laser. Sa géométrie permettait l'intégration d'un canon de 105 ou de 120 mm.
L'augmentation de poids due aux blindages nécessita le renforcement de la suspension. La suite de l'histoire est connue. Malgré d'intéressantes pistes techniques et industrielles pour établir une liste de technologies communes, les projets M1 et Leopard 2 divergèrent totalement
pour donner naissance à deux chars sans beaucoup de composants partagés (les Allemands empruntèrent tout de même la technologie optronique américaine).
Après l'épisode américain, les Allemands figèrent la configuration du Leopard 2 de série dont les livraisons à la Bundeswehr devaient démarrer en 1979. Cette configuration retenait la nouvelle géométrie de tourelle du Leopard 2 AV dans laquelle prenait place le canon de 120 définitivement choisi.
Le châssis fut rallongé de 10 cm pour permettre un meilleur centrage de la tourelle ainsi qu'une amélioration de la protection balistique à l'avant de la caisse. Enfin, la suspension à barres de torsion fut préférée à la solution oléopneumatique.
La production fut confiée à deux sociétés : Krauss-Maffei, le maître d'œuvre, représentant l'« Allemagne du Sud » (Munich), et Mak, représentant l'« Allemagne du Nord » (Kiel) afin de ménager les susceptibilités politiques ayant cours l à-bas comme ailleurs. Il faut noter que l'objectif de production de 1 800 chars pouvait s'accommoder économiquement de la présence de deux chaînes de fabrication.
Les autres grands fournisseurs du programme étaient : pour la caisse : Blohm et Voss ; chenilles : Diehl ; barbotins : Rheinstahl ; barres de torsion : Diettman ; amortisseurs : MTU ; refroidissement moteur : Behr sous contrat MTU ; boîte de vitesses : Renk; génératrice électrique : AEG; tourelle (responsabilité globale) : Wegmann ; motorisation électrohydraulique : AEG/FWM/Honeywell ; canon : Rheinmetal ; pots fumigènes : Wegmann ; viseur panoramique chef PERI R 17 : Zeiss ; conduite de tir (sous licence américaine Hugues) et viseur tireur EMES15 : Krupp Atlas Elektronik; viseur secours Fero Z18 : Leitz ; télémètre laser (sous licence américaine Hugues) : Eltro; caméra thermique (sous licence américaine Texas Instrument) : Zeiss.
La fabrication du Leopard 2 s'échelonna de 1979 à 1992. Elle fut divisée en huit lots auxquels vinrent s'additionner les productions destinées aux Pays-Bas et à la Suisse. Cela représente un total de 2950 chars construits dans ce que l'on pourrait appeler la version 1 (c'est-à-dire jusqu'au standard A4).
La version 2 est issue de la configuration dite « de Mannheim », ou Leopard 2 A5, qui donnera naissance aux versions exportées en Suède (STRV 122) et en Espagne (Leopard 2 E).
Le tableau, en page 12, donne le détail des différentes configurations du Leopard 2.


Le Leopard 2 A5 :

Dès 1988, les firmes Krauss-Maffei et Rheinmetal furent chargées d'engager les études de développement d'une version modernisée du Leopard 2, suivant en cela un plan en trois modules définis par le BWB et appelés KWS Phase 1, 2 et 3. Le KWS Phase 3 était une refonte complète de la tourelle par intégration d'un canon de 140 mm et d'un chargement automatique. Cette phase n'est à ce jour pas engagée car l'armement de 140 mm, fruit d'une coopération franco-germano-britannique, n'a pas dépassé le stade des prototypes.
Le KWS Phase 1, de responsabilité Rheinmetal, concernait l'amélioration de la puissance de feu par le développement d'un canon de 120 à tube long (55 calibres), imitant en cela la solution retenue pour le char Leclerc, ainsi que la mise au point d'une nouvelle munition flèche appelée LKE 2 à pénétrateur en tungstène à grand allongement (rapport LO = 30). Le KWS Phase 2, de responsabilité Krauss-Maffei, était centré sur l'amélioration de la survivabilité du char et de ses capacités d'engagement des cibles. Pour ce faire, trois démonstrateurs furent réalisés par modification d'un char du lot 5 (Démonstrateur de composants ou KVT : Komponenten Versurchs Trâger) et deux chars du lot 8 (Démonstrateur opérationnel de corps de troupe ou TVM : Truppen Versurchs Muster). Ces trois démonstrateurs conservaient le canon court 44 calibres des Leopard 2 de série 1.
Ils se distinguaient nettement de ces derniers par une géométrie extérieure totalement modifiée par l'installation de blindages frontaux de tourelle en forme de pointe, de plaques de blindages type sandwich sur le glacis du châssis et la présence d'une protection de toit de tourelle en surépaisseur d'environ 150 mm. Ces modifications étaient accompagnées d'une rehausse du viseur tireur, du déplacement du viseur chef à l'arrière de la trappe chef, et d'une redéfinition complète de la trappe pilote qui devenait coulissante au lieu de rotative.
L'amélioration de la survivabilité passa en outre par le remplacement de la motorisation hydraulique de tourelle (risque d'incendie) par un système totalement électrique comme sur le Leclerc et la mise en place de panneaux pare-éclats au compartiment équipage.
Les moyeux de galets de roulement furent recouverts de capots blindés procurant une protection contre les éclats d'artillerie.
L'amélioration de la capacité d'engagement des cibles se traduisit par : l'intégration d'une caméra thermique dans la tête du viseur panoramique chef procurant une capacité Hunter-Killer de jour comme de nuit; le transfert vidéo sur le moniteur chef des images jour (caméra CCD) et nuit du viseur tireur (là encore, le Leopard empruntait au Leclerc cette intéressante capacité d'observation combinée) ; le ralliement automatique du viseur chef sur l'axe du châssis (6 heures ou 12 heures) quelle que soit la position de la tourelle ; l'intégration d'un système de navigation hybride GPS inertiel pouvant être relié à un système d'information tactique et de commandement; la sélection de l'écho primaire du laser pour l'engagement de cibles aériennes en éloignement; l'affichage forfaitaire de la distance 1000 m en cas de panne du télémètre laser. Toutes ces améliorations furent testées en corps de troupe et, en 1992, la configuration définitive fut choisie d'un commun accord entre Allemands, Néerlandais et Suisses. Ces derniers avaient été impliqués très tôt dans le processus d'évaluation car potentiellement intéressés à la solution de modernisation pour leurs propres Leopard 2. Cette configuration dite « de Mannheim » retenait tous les points d'amélioration de la capacité d'engagement des cibles et le blindage frontal de la tourelle.
Les partenaires renoncèrent au surblindage de châssis et de toit car la masse du véhicule (62,51) fut jugée négative sur la logistique (opération de remorquage et de détourellage) et sur les infrastructures (franchissement de pont, transport par remorque ou voie ferrée).
En sacrifiant ainsi une partie du blindage, la masse du char fut ramenée à 59,71. Les partenaires convinrent en outre de n'appliquer les évolutions de la phase KWS 1 (canon L55 et munition LKE2) que dans un deuxième temps.
En janvier 1994, Krauss-Maffei reçut le contrat de modernisation de 225 Leopard 2 pour la Bundeswehr, avec pour principal sous-traitant, Wegmann, en charge de la tourelle. Les véhicules furent livrés à partir de septembre 1995 au rythme de six par mois. Les nouveaux chars prirent la dénomination Leopard 2 A5. Ils équipent aujourd'hui quatre bataillons de la KRK, la force de réaction aux crises de la Bundeswehr. 125 autres chars destinés à l'équipement de deux bataillons supplémentaires sont prévus, mais non financés à ce jour.
Les Pays-Bas commandèrent cette modernisation en mars 1994 pour un total de 180 matériels, dont le dernier a été livré en septembre 2000. A ce jour, la Suisse n'a encore pris aucune décision sur la suite à donner pour sa flotte de Panzer 87.
Par intégration du nouveau canon L55, le Leopard 2 A5 prend le standard A6 dans le système de dénomination allemand. Seule la fonction mobilité conserve presque intégralement les composants d'origine conçus dans les années soixante-dix au titre du MBT70.
Les Pays-Bas ont déjà passé commande de 192 canons L55 destinés à moderniser leurs 180 Leopard 2 A5 (12 pièces seront conservées en rechange et modèles d'instruction). Quant à la Bundeswehr, elle a reçu son premier Leopard 2 A6 au début 2001 et devrait totalement convertir sa flotte de 225 A5 au standard A6 dans les cinq années qui viennent.
Les Espagnols, qui utilisent 108 Leopard 2 A4 des stocks de la Bundeswehr, ont passé commande de 110 canons L55 qui seront fabriqués sous licence en terre ibérique.
La conversion au standard A6 s'accompagne de commandes de munitions DM53 : 27000 pour l'Allemagne (pour 172 millions de DM, soit un prix unitaire moyen de 22 kF) et 16000 pour les Pays-Bas.

La version suédoise STRV 122 :
En février 1994, le FMV suédois (équivalent de la DGA) sélectionna le Leopard 2 pour l'équipement de ses brigades mécanisées en remplacement des vieux Centurion et des chars S.
Les Suédois adoptèrent la version A5 à laquelle ils demandèrent que fussent portées les modifications suivantes : surprotection du glacis de châssis afin d'homogénéiser le niveau de protection châssis et tourelle (retour à la configuration des démonstrateurs KVT et TVM) ; intégration du TCCS, système d'information et de commandement tactique ; modification des tables de tir pour la mise en œuvre de munitions suédoises (obus explosif) et israéliennes (obus flèche) ; remplacement des pots fumigènes Wegmann par des lanceurs Galix de Giat Industries, identiques à ceux montés sur le CV90, leur véhicule de combat d'infanterie ; renforcement des suspensions pour faire face à l'augmentation de poids (62,51) ; modification du groupe motopropulseur pour l'adapter aux conditions d'utilisation par grand froid.
Le contrat prévoyait la fabrication sous licence chez Hägglunds (châssis) et Bofors (tourelle) de , 91 chars complets, les 29 premiers étant directement livrés d'Allemagne. A côté des STRV 122, l'armée suédoise emploie 160 STRV 121 (anciens Leopard 2 des stocks de la Bundeswehr), portant le total de la flotte à 280 engins (cinq brigades). Le FMV prit une option pour 90 chars STRV 122 supplémentaires, mais cette commande n'a pas été confirmée à ce jour. Si le contrat devait rester en l'état, le problème de la rentabilité économique du transfert de la chaîne de fabrication en Suède se poserait compte tenu du faible nombre de chars fabriqués.
Les STRV 122 se distinguent des autres Leopard 2 en service en Allemagne et aux Pays-Bas par la gamme des munitions tirées. Les Suédois ont, en effet, préféré une munition flèche IMI israélienne au classique modèle de Rheinmetal. Quant à la munition explosive, elle associe une charge explosive et un empennage IMI à un projectile Boifors à fusée programmable, dérivé d'une bombe de mortier de 120. Des tests ont montré la grande efficacité de cette formule sur l'infanterie à découvert et les abris fortifiés.

Le contrat espagnol :

Les relations entre l'Espagne et l'Allemagne dans le domaine du char de combat datent de nombreuses années. En fait, au début des années quatre-vingt, les Espagnols avaient planifié le développpementd'un char national, le Lince (programme Iberia), qui empruntait beaucoup de la technologie germanique du Léopard 2 puisque son promoteur n'était autre que Krauss-Maffei. Des contraintes économiques fortes ainsi qu'une évaluation réaliste des risques conduisirent les autorités espagnoles à jouer la carte de l'achat d'un matériel étranger et sa fabrication sous licence sur le sol ibérique. Les candidats furent nombreux : le C1 Ariete, l'AMX32, l'AMX40,l'OF40 MK3, le TAM, le M1A1 et le Vickers MK7 (châssis Leopard 2 et tourelle de Valiant).
Après des années de discussions politiques, industrielles et techniques, les Espagnols choisirent une position d'attente en remotorisant les AMX30. Cependant, la situation économique de l'industrie de défense terrestre espagnole était très délicate et le programme de char de combat devait être de nature à favoriser les rapprochements capitalistes et les investissements nationaux.
La firme Krauss-Maffei fit une proposition dans ce sens après plusieurs années de présence et d'investissement sur le marché local. Cette proposition fut jugée suffisamment intéressante par les autorités politiques espagnoles et le projet de Leopard 2 E vit le jour. Selon un schéma devenu maintenant classique, la Bundeswehr se sépara de certains de ses Leopard 2 (108 en tout), permettant ainsi à l'armée de terre espagnole de se familiariser avec le matériel en attendant les exemplaires neufs fabriqués dans une configuration plus moderne.
Cette configuration sera la première à adopter le canon à tube long de 55 calibres permettant de tirer à une vitesse initiale plus élevée les nouveaux projectiles flèches LKE 2 (ou DM53 dans la nomenclature allemande). Elle s'appuie, par ailleurs, sur la version STRV 122 en ce qui concerne le blindage.
Les Espagnols ont, en outre, souhaité installer une caméra thermique d'origine américaine (Texas Instrument/Raytheon) fabriquée sous licence en Espagne par ENOSA. Les postes radio sont des PR4G français de chez Thales.
La version espagnole donne ainsi naissance à la version dite « A6 Ex ».

Le Leopard 2 A6 Ex :
S'appuyant sur la version espagnole, la version Leopard 2 A6 Ex propose donc de renouveler la technologie des composants de mobilité. Cela se traduit par le remplacement du GMP MTU 873 par le nouveau MTU Europowerpack 883 dont l'adoption sur le char Leclerc EAU a véritablement lancé la vie industrielle.
Beaucoup plus compact que son aîné MTU 673, l'Europowerpack permet de libérer un grand volume dans le châssis qui sera mis à profit pour installer un groupe auxiliaire de puissance, une climatisation et accroître la capacité en carburant du char.
Le Leopard 2 A6 Ex est donc l'aboutissement d'un programme de modernisation initié il y a vingt ans et qui avait pour objectif de donner à ce char de deuxième génération quelques-unes des technologies et des solutions conçues pour les chars de troisième génération tels que le Leclerc. Cependant, la conservation de l'architecture et du concept de deuxième génération ne permet pas d'optimiser l'intégration de ces technologies et d'en tirer pleinement profit : la masse élevée, les dimensions importantes et l'équipage classique à quatre hommes (et donc l'absence de chargement automatique) ancrent définitivement le Leopard 2 dans la génération précédente.

Les évolutions futures du Leopard 2 :
La survivabilité du char sera accrue par l'intégration de blindages de plancher anti-mines et du système de contre-mesures type MUSS développé par DASA. Diehl travaille à la mise au point du système de protection active AKESS qui permettra de traiter les menaces type missiles et roquettes antichars. Le confort de l'équipage s'améliorera grâce à la mise en place d'une climatisation. Tout ceci s'accompagnant d'un inévitable accroissement de masse, grand sujet de préoccupation des actuels utilisateurs.

Le Leopard 2 sur le marché des chars de combat :
Le Leopard 2 s'est trouvé dans une situation d'exceptionnel monopole au tournant des années quatre-vingt-dix quand la Bundeswehr et l'armée néerlandaise eurent reçu leur pleines dotations et que le mur de Berlin s'effondrait. La disparition de la menace à l'est imprima un mouvement de réduction des flottes , laissant sur le marché des centaines de chars Léopard 2 de seconde main sans concurent, puisque le Leclerc rentrait à peine en service avec des effectifs symboliques (donc pas de chars d'occasion disponibles) et que les seuls M1 dont voulaient se débarrasser les Américains étaient les M1 et IM1 armés de 105 dont personne ne voulait. Seul char à canon de 120 OTAN offert à la vente, le Léopard 2 ne tarda pas à séduire les armées autrichienne, danoise, suédoise , espagnole et norvégienne qui voyaient là un moyen très économique de se doter d'un char standard OTAN à des prix bas (les Néerlandais se défirent d'un lot de 114 Leopard 2 auprès des Autrichiens pour 2 millions d'euros pièce alors qu'un Leopard 2 A6 neuf coûte le quadruple !).
On parle déjà d'une adoption du Leopard 2 par la Pologne pour équiper quelques unités du corps germano-dano-polonais ; les char seraient quasiment donnés par l'Etat allemand qui, par ces transferts, soutient l'activité son industrie qui peut ensuite vendre auprès des nouveaux utilisateurs du char des services logistiques, des kits de rétrofit et des blindés d'accompagnement comme des dépanneurs ou des poseurs de ponts.

Leopard 2 : architecture et protection :
Le Leopard 2 conserve l'architecture très classique héritée du Leopard 1 : un équipage de quatre hommes dont trois en tourelle, le groupe motopropulseur à l'arrière du châssis.
La version 1 (jusqu'au A4) du Léopard 2 a bénéficié, comme le M1 américain, du transfert de la technologie britannique des blindages composites Chobham. Le niveau de protection obtenu était sensiblement inférieur à celui des M1 et IM1, soit l'équivalent de 300 mm d'acier à blindage contre les projectiles flèches et environ 600 mm d'acier à blindage contre les charges creuses. Ce blindage le mettait donc à l'abri des missiles Swatter et des flèches de 115 mm tirées par le T62. Cette protection est devenue dépassée dans les années quatre-vingt avec l'apparition des flèches tungstène et uranium de 125 mm et des nouveaux missiles antichars de l'ancien bloc de l'Est.

C'est pourquoi un des principaux objectifs des démonstrateurs TMV et KMR fut de montrer la faisabilité d'intégrer un niveau de protection balistique supérieur. Le Leopard 2 ne disposant pas de blindages rapportés comme le Leclerc, la solution a consisté à fixer un kit de surblindage par-dessus les blocs de protection d'origine.
La tourelle reçoit sur l'avant une volumineuse pointe blindée qui est constituée de deux ensembles sandwich acier/matériau non métallique/acier d'environ 40 mm d'épaisseur inclinés à 65°, ce qui représente une épaisseur traversée de 100 mm. L'intérieur de cette pointe est totalement vide. Le blindage est prolongé sur les côtés de la tourelle par deux ensembles sandwich simillaires qui assurent une protection contre des projectiles frappant les côtés sous une forte incidence (arc frontal), mais qui sont incapables de stopper une roquette d'infanterie arrivant par le travers. Ils sont articulés pour pouvoir se déployer vers l'extérieur et constituer ainsi un coffre de stockage (pour ranger le filet de camouflage par exemple). Une technologie identique à base de sandwich acier/matériau non métallique/acier est utilisée pour le surblindage du glacis de châssis dans la version STRV 122.
Cette dernière se caractérise en outre par un blindage couvrant une partie du toit. Ce blindage est constitué de trois parties : la trappe chef ; la trappe chargeur ; la zone supérieure avant du compartiment tourelle.
Les trappes chef et chargeur sont constituées d'une tôle d'acier de 140 mm d'épaisseur assurant une protection contre les bombelettes et les charges génératrices de noyau type SADARM. En raison de leur poid considérable, ces trappes s'ouvrent et se ferment en actionnant un mécanisme type vis sans fin qui les fait glisser sur des rails. Cette opération n'est pas très rapide, aussi les trappes chef et chargeur sont elle souvent fermées à l'aide d'une petite bache en toile plastifiée fixée avec des bandes velcro.
La surépaisseur résultant de la présence de ces « galettes » de toit est prolongée en pente douce vers l'avant de la tourelle par des sandwichs acier/matériau non métallique/acier.
Le Leopard 2 A6 Ex et le STRV122 bénéficient donc d'une protection partielle du toit, dont on peut regretter qu'ellle ne couvre pas le compartiment de stockage des munitions en nuque de tourelle qui reste donc très vulnérable à une attaque verticale. Les concepteurs du système ont privilégié la zone consacrée à léquipage et ont dû gérer au mieux les inévitables problèmes de masse. La trappe pilote est d'une conception équivalente à celles du chef et du chargeur. Elle est aussi activée au moyen d'une manivelle reliée à une vis sans fin. Son ouverture n'est pas une opération rapide. Aussi, en temps normal, le pilote pénètre-t-il dans son poste par la tourelle car les sièges chef, tireur et pilote sont positionnés de manière à former, tourelle à 12 heures, une sorte de toboggan dans lequel le pilote se laisse glisser ! (en inclinant convenablement les dossiers des sièges). La présence des blindages de tourelle en pointe au-dessus du poste pilote accroît la protection de ce dernier vis-à-vis des attaques plongeantes. Elle a cependant l'inconvénient d'empêcher le pilote de sortir par sa trappe quand la tourelle est à 12 heures (la sortie est possible, tourelle à 10 heures).

 

-Fiche technique-


©Raids

Leopard 2 A5
Caractéristiques :


Constructeur
Krauss-Maffei Wegmann
Masse
59,7 Tonnes
Equipage
4 hommes
Agencement
Pilote à droite en tourelle : chef et tireur à droite, chargeur à gauche
Longueur
9,97 m
Largeur
3,74 m
Hauteur
3.03 m
Hauteur toit de tourelle
2.64 m
Garde au sol
0.53 m à l'avant et 0,49 m à l'arrière
Vitesse max sur route
72 Km/h km/h
Vitesse moyenne en tout terrain
NC km/h
Accéleration
11,8 s de 0 à 40 Km/h
Pente
60 %
Devers
30 %
Obtacle vertical
1.1 m
Fossé
3 m
Gué sans préparation
1 m
Gué avec préparation
2.35 m
Submersion
4 m
Moteur
MTU MB 873 Ka 501 (MTU MT 883 en option)
Type de moteur
Diesel 12 cylindres
Puissance
1500 ch
Rapport puisse/masse
24 ch/t
Capacité des réservoirs
1200 litres
Autonomie sur route
460 Km
Transmission
Renk HSWL 354
Type de transmission
Automatique
Nombre de vitesse AV/AR
4/2
Suspension
Barres de torsion
Chenilles
Connecteurs
Constructeur des chenilles
Diehl Track GmbH (Type 570 FT)
Largeur
635 mm
Longueur du brin portant
4 285 mm
Voie extérieur
3,42 m
Galet de roulement
2 x 7
Diamètre
700 mm
Galet de soutien
2 x 4
Pression au sol
0,92 kg/cm²
Tension
24 V
Batteries
8 x 12 V de 125 Ah / Capacité totale de 500 Ah
GAP
Aucun
Bus de données
Non (MIL BUS sur STRV 122)
Constructeur de la caisse
Blohm & Voss Holding
Blindage
Composite de 3e génération pour le glacis. Surprotection latérale par sandwich en acier, jupes en coposite et acier. Barre d'acier pour combler le trou interface tourelle/châssis
Climatisation
Non
Constructeur de la tourelle
Wegmann & Co
Type de tourelle
Mécano-soudée
Motorisation site et gisement
Electrique de 24 V
Construteur de l'armement principal
Rheinmetall Industries AG (Rh W&M GmbH)
Type de canon
Rh 120 L44
Calibre/Longueur
120/44
Type de tube
Ame lisse, chromé
Manchon anti-arcure
Oui
Débattement
-9° / +20°
Soufflage gaz résiduels
Boite à fumée
Constructeur des munitions
Rheinmetall Industries AG
Chargement
Manuel
Intéropérabilité OTAN
Oui
Nombre de munitions
42 (27 stockées en châssis à gauche du pilote)
Nombre de coups disponibles en tourelle
15
Type de munitions
APFSDS-T DM 13, DM 23, DM 33 et DM43A1 LKE 1 américano-allemande / DM 43 (développement Rh/Giat, équivalent OFL 120 F1) / Polyvalente HEAT-MP-T DM12A1/ Exercice KE DM38 et DM48 ; polyvalente (MP) DM18
Vitesse initiale des munitions
L44 : 1670 // L55 : 1750 m/s
Munition guidées antichars et anti-hélicoptère
Non
Cadence de tir
7 coups/min
Constructeur de l'armement coaxial
Rheinmetall Industries AG
Type
MG 3
Calibre
7.62 mm
Localisation
A gauche du canon de 120 mm
Nombre de coups
4 750 (avec armement secondaire)
Cadence de tir
700 à 1 300 cps/min
Portée
800 m
Type de l'armement seconde de toit
MG 3
Localisation
Poste chargeur
Constructeur de la conduite de tir
STN Atlas Elektronik
Poursuite automatique
Non
Portée télémètre
10 000 m
Capacité hunter-killer du poste chef
Oui
Episcope chef
6 pour observation panoramique
Constructeur des épiscopes
Glasveredelung und Siebdruck GmbH
Viseur chef
PERI-R17 A2 panoramique. Voie thermique vers moniteur. Caméra thermique intégrée Ophelios-P, TW-TIM
Constructeur Viseur chef
Zeiss-Eltro-Optornic (ZEO/STN Atlas). Caméra thermique Ophelios-P : ZEO/STN Atlas/AEG
Débattement
-13° à +20°
Stabilisation
Oui. Résiduelle <50 µrad
Grossissement jour
x 2 (champ 27°) et x 8 (champ 7°)
Grossissement nuit
x 2,6 et x 9
Champ de vision
PERI-R17 A2 : 27°/7°. Caméra thermique Ophelios-P (ZEO/STN Atlas/AEG) : 1,5° x 2°, 5,2° x 7°, 3,6° x 4,8° et 12,3° x 16,4°
Désignation d'objectif
Oui jour/nuit
Mode ralliement épiscopes
Oui
Episcope pour le poste tireur
1
Viseur poste tireur
EMES 15 jour/nuit
Constructeur
Zeiss-Eltro-Optornic GmbH
Grossissement
x 12
Télémètre
Yag-Néodyne CE628
Episcope poste pilote
3 (le central peut être remplacer par un episcope intensificateur de lumière)
Type de protection NBC
Collective par suppression
Type de protection incendie
Crew Bay. Halon
Constructeur
Kidde Deugra GmbH
Protection munition
Partiellement
Type de protection munitions
Compartimentées en nuque de tourelle. Porte de séparation, panneaux anti-explosion en toit nuque de tourelle
Type de contre-mesure
2 x 8 lance-pots HE et fumigènes (Système Galix pourle STRV 122)
Constructeur
Wegmann & Co. (Lacroix pour le Galix)
Constructeur communication
RHODE et SCHWARZ
Type
2 x SEM 80/90, possibilité SEM 93 / SEM 25/354 / Ericsson RA 480 (S) / VRC 12 US (CH) / PR4G
Gamme de fréquence
SEM 93 : 30 à 73,975 MHz, VHF, à sauts de fréquences et fixes, crypto
Constructeur du système de commandement
Pietzsch Neue Technologien GmbH pour IFIS ; avec STN Atlas Elektronik et Celsiustec pour TCC sur STRV 122
Type
IFIS. TCCS sur version non STRV 122. Développement de FaKom en 1998
Cartographie
Oui
Type de naviguation
Hybride (GPS/Inertielle) LLN-GX. Précision : 10m, en mode dégradé recalage tous les 30 Km. Système de naviguation GPS avec écran de contrôle pour le pilote
Constructeur
Eurolit. Récepteur de Boeing North American




-Galerie photo-








 


 





 


 





 





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (2)

1. Christophe Lascombes 24/03/2010

Bonjour,

ceci est une demande sérieuse et assez confidentielle. Pour des motifs professionnelles je souhaiterai savoir où je pourrais trouver (où à qui m'adresser) de la documentation technique en français au sujet du char Leopard 2.

Merci d'avance

2. zte 09/12/2010

Salut,je suis quelqu'un qui suis avec plaisir l'actualité mondiale. et je dois avouer que j' aime particulièrement le char léopard allemand. merci de contacter un expert pour mois afin que celui ci m' envoie sur mon email zkimbol@yahoo.com le prix unitaire du char léopard mais aussi les autres char moderne très exporté pour que je puisse les comparer. merci d' avnce

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